Va-t-on laquer le coq français ?

Publié le par Victor Yague

Va-t-on laquer le coq français ?

Le torchon brûle à nouveau entre la France et la Chine. La communauté chinoise est en deuil depuis la mort de Shaoyo Liu, un homme de 56 ans abattu à son domicile après une altercation avec la brigade anti criminelle (BAC). Ce n'est pas la première fois que qu'un membre de cette communauté est touché, avec la mort du couturier Chaolin Zhang d'Aubervilliers à la suite d'un vol avec violence.

L'issue tragique a provoqué de vives réactions au sein de la communauté chinoise, qui se sont traduites pas des manifestations de soutien à la famille de la victime mais également par une campagne anti policière plutôt virulente. Et c'est là que le bât blesse car la perte d'un être cher, aussi douloureuse soit-elle, ne doit pas devenir un combat politique ou idéologique à l'encontre des instances de la République.

La récupération est ici évidente, on se sert d'une tragédie familiale pour servir la soupe des violences policières avant même les résultats d'une enquête qu'on réfutera si elle ne vient pas corroborer les thèses victimaires des manifestants professionnels. Il faut dire que le mauvais exemple est donné au plus haut sommet dans cette période d'élection et même avant...

D'où mon interrogation. Si nous sommes un et indivisible comme le stipule notre constitution, pourquoi acceptons nous une organisation communautaire de la société en totale inadéquation avec notre modèle républicain?

Il n'est pas question de défendre une bavure, si les policiers sont déclarés coupables après enquête et décision de justice, ils seront sanctionnés dans ce sens. Que veut-on de plus ?

En revanche si l'on s'aperçoit qu'il s'agit effectivement d'un acte d'autodéfense par rapport à un individu potentiellement déséquilibré ? Va-t-on punir ceux qui appellent à la haine et provoquent des épiphénomènes qui dépassent le cadre même de nos frontières nationales comme le montrent les réactions outrancières du web chinois ?

La communautarisation est un phénomène de repli qui n'augure rien de bon, même quand il s'agit d'une communauté jugée calme comme les Chinois.

Cette stratification de la société empêche tout sentiment d'appartenance à une seule et même nation, d'adhésion à un projet de vie commun, au dialogue vital entre les citoyens. Encore une fois, il n'est pas question de renier nos racines, ce n'est ni possible ni souhaitable. Ne peut-on simplement pas vivre les uns avec les autres sur un pied d'égalité sans se servir de nos origines tantôt comme d'un bouclier (racisme) ou d'une arme (spécificité culturelle) mais bien comme d'une richesse, un autre regard ?

Nous gagnerons tous à dépassionner nos rapports les uns avec les autres et c'est là surement le seul moyen de battre en brèche une stigmatisation et une crispation générale devenues bien réelles à force de les appeler de nos vœux depuis si longtemps. J'y crois encore, j'espère que vous aussi. 

A bientôt au café, ou au thé, je ne suis pas difficile.

Publié dans D'ici et d'ailleurs

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