Virage africain : le Maroc passe la cinquième

Publié le par Mehdi Ezzahi

 

Après un retour très attendu au sein de l'Union Africaine, officialisé par un sommet le 31 janvier dernier, le Maroc a demandé hier à adhérer à la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui regroupe 15 pays de cette région et 300 millions d'habitants.

 

 

Cette demande s'inscrit dans la continuité du virage géostratégique marocain vers l'Afrique où il est déjà le deuxième pays investisseur du continent, après l'Afrique du Sud, et le premier en Côte d'Ivoire1. Le royaume alaouite a ainsi signé 113 accords avec des pays africains depuis juillet 2016 dans six grands secteurs clés que sont l'agriculture, la banque, le tourisme, les énergies renouvelables, l'extraction minière et la logistique. Avec le Sénégal et la Côte d'Ivoire, où la coopération économique est la plus avancée, des Groupes d'Impulsion Economique2 ont été mis en place pour permettre un dialogue direct entre chefs d'entreprises, sans passer par l'entremise royale.

 

 

 

© Jeune Afrique

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Enfin, le Maroc est parvenu à un accord de principe en décembre dernier sur un projet de gazoduc avec le « géant » de la zone : le Nigeria. Le West African Gas Pipeline, qui reliait le Nigeria au Ghana depuis 2010, pourrait ainsi être prolongé sur toute la côte ouest-africaine jusqu'à l'Espagne, avec des retombées économiques considérables pour les pays traversés. Toutefois, le chemin est encore long - dans tous les sens du terme - pour la concrétisation de ce gazoduc. Le Nigeria ne parvient pas à sécuriser le delta du Niger des attaques récurrentes des « vengeurs du delta » sur les exploitations d'hydrocarbures. Côté marocain, la traversée du Sahara Occidental, territoire toujours disputé selon le droit international, pourrait poser problème à certains bailleurs de fond.

 

C'est d'ailleurs cette dernière question - sources de fortes tensions avec l'Algérie - qui a en partie poussé le Maroc à abandonner le projet d'Union du Maghreb Arabe. En somme le roi Mohammed VI préfère désormais ses voisins d'immeuble à ses voisins de palier...

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