On ne chasse pas que les dragons au Myanmar

Publié le par Victor

On ne chasse pas que les dragons au Myanmar

Bonnes nouvelles pour les junkies de tout poil, le Myanmar est en passe de devancer l'Afghanistan dans sa production de narcotiques ! Il sera désormais possible d'aller visiter des temples de Bagan et la défonce intégrale.

Un bien beau résultat qui ne doit pas occulter le remarquable travail d'équipe fourni en amont par l'ensemble des corps constitués et des volontaires internationaux.

De dévoués serviteurs de l'Etat qui prouvent une nouvelle fois, si besoin est, qu'on peut à la fois réprimer ses minorités le matin et développer son petit commerce d'herbes médicinales l'après-midi. De quoi donner des leçons à bien des fonctionnaires paresseux, élevés à la tétine des 35h et des acquis sociaux. N'est-ce pas ma divine?

Oui la Birmanie c'est un vrai goût de paradis (cf. copyright).

La population a porté aux nues Aung San Suu Kyi et son prix Nobel de la paix, qui sont arrivés aux manettes depuis plusieurs mois déjà. Enfin ça c'est la théorie. En vrai la junte militaire prend encore de nombreuses décisions arbitraires sans solliciter la mécanique démocratique. Tout ça dans l'intérêt du collectif ne l'oublions pas et fidèle à l'adage du prince Salina "il faut que tout change pour que rien ne change". Même si là-bas on est plus tigre que guépard.

Malheureusement il y a les autres, ceux qui ne jouent pas le jeu. Ces détestables individualistes révolutionnaires allant à l'encontre de la marche de l'Histoire, je vous parle des 130 minorités colocataires qui se réclament d'une culture différente des Birmans, et qui veulent être reconnus comme des citoyens à part entière. Quel toupet !

Mais tout n'est pas perdu, il reste les procès pour diffamation pour calmer les scribouillards idéalistes et les ados en manque de cause perdue. Pour les plus récalcitrants il y a la glissade définitive façon Dupontel/Bernie.

Dans cette dernière catégorie les principaux nommés sont les juristes consciencieux, les Shan qui vivent au milieu du pavot et les Rohingyas musulmans dont tout le monde se fout éperdument au point de ne pas s'inquiéter de voir se développer des épidémies de tuberculose par manque de traitement efficace.

Bref, ces petits accrocs ne doivent pas nous empêcher d'apprécier pleinement le développement ambitieux de ce pays à l'image de sa nouvelle capitale Naypyidaw, une grande ville où enfin on peut respirer et circuler tranquillement. On notera la fin du volant à droite alors que la conduite se fait à droite depuis 46 ans, la volonté de garder authentique et écologiquement meurtrière l'extraction des pierres précieuses de la vallée de Mogok, et bien sûr la sauvegarde des sublimes paysages en refusant la modernisation des infrastructures de base en dehors des principaux centres urbains.

De quoi nous faire relativiser un peu en cette période d'élection.

Tat tar

 

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