Chantiers navals de Saint-Nazaire : Fincantieri veut faire tapis

Publié le par Mehdi Ezzahi

 

La processus de reprise des chantiers navals de Saint-Nazaire prend l'eau ! Le principal intéressé - la société de construction navale italienne Fincantieri - a posé un lapin à Bercy et aux autres investisseurs potentiels (DCNS et les armateurs RCCL et DSC) qui avaient convenu d'une réunion le vendredi 9 février. En cause, le refus de l’État français d'accorder la majorité absolue des parts de la société STX France qui gère les chantiers à l'entreprise italienne, cette dernière devant se contenter d'une majorité relative n’excédant pas les 40%.

 

L’État français possède un tiers des parts de STX France, ce qui lui confère une minorité de blocage non négligeable mais insuffisante face à un actionnaire en majorité absolue. Dans ce bras de fer, Fincantieri peut compter sur l'appui de l’État italien, qui détient 72% du capital du constructeur naval. Il faut dire que Fincantieri a grand besoin de la cale géante des chantiers de l'Atlantique, afin de se maintenir sur le marché des paquebots géants qu'elle peine à produire dans les ports italiens.

 

Dans l'immédiat, une reprise par Fincantieri ne devrait pas bouleverser le fonctionnement et le carnet de commandes des chantiers de Saint-Nazaire. Mais à long terme, il est inévitable que prévale une logique de groupe, que des mutualisations, rationalisations et spécialisations sur le site soient décidées sans concertation à Trieste. Bref, en cas de retournement de conjoncture, l’État français n'aurait aucun moyen d'empêcher Fincantieri de favoriser l'activité des sites italiens au détriment des salariés français...

 

Pour pallier à ce risque, l’État français devrait logiquement user de son droit de préemption et monter sa participation au capital de STX à 51%, en mettant par exemple sur pied un partenariat avec la société de construction navale militaire française DCNS, détenue à 62% par l’État.

 

Le devenir de milliers d'emplois et de nombreux sous-traitants dans la région est en jeu. Hélas, un sursaut semble improbable venant d'un gouvernement qui a poursuivi la « stratégie » de dépeçage de l'industrie nationale à l’œuvre depuis des décennies. D'autant que les cabinets ministériels sont en plein dans leurs cartons et tétanisés devant l'inconnue électorale.

 

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