Haro sur le franc CFA

Publié le par Mehdi Ezzahi

Il y a 20 ans, survenait la dévaluation du franc CFA (Par Serigne Adama Boye)

 

 

En réponse à l'appel lancé le 26 décembre par le militant pan-africaniste Kémi Séba et son organisation Urgence Pan-Africaniste, de nombreux Africains ont manifesté dans plusieurs capitales contre le franc CFA samedi dernier. Pour ces manifestants, le franc CFA est un instrument d'asservissement à l'ancienne métropole et empêche toute souveraineté économique réelle dans les pays où il a cours.

 

 

 

 

Le franc CFA a été créé en 1945 par l’État français dans ce qui était alors l'Afrique Occidentale et Équatoriale Française. Après les indépendances, les nouveaux États africains - à l'exception de la Guinée, de la Mauritanie et de Madagascar - ont conservé cette monnaie, selon Kako Nubukpo, actuel directeur de la francophonie économique et numérique à l'OIF, dans un esprit de « servitude volontaire ».

 

 

Le franc CFA assure à l’État français et aux grandes banques françaises une rente confortable : contre la garantie de la convertibilité du franc CFA dans toute autre devise, les pays membres de la zone franc CFA doivent placer 50% de leur réserve monétaire à la Banque de France, autrement dit le casse du siècle pour la BF et un budget fantôme insaisissable pour ces pays africains !

 

Arrimé au franc puis à l'euro depuis 1999, dans une parité fixe (1euro = 655,957 francs CFA), le franc CFA est censé assurer la stabilité monétaire de la zone, cette sacro-sainte stabilité monétaire qui avait aussi présidé à l'instauration de ...l'euro, pour les résultats économiques mirifiques que l'on sait ! Comme pour l'euro, le franc CFA freine le recours à des politiques de relance expansionniste (investissements massifs dans les infrastructures, les services publics...) car ces politiques généreraient immanquablement de l'inflation. Le taux de change fixe interdit également à ces pays de procéder à des dévaluations1 pour relancer leurs exportations... Avec une monnaie forte surévaluée, il est plus rentable dans l'absolu pour les Etats de la zone franc CFA d'importer des marchandises en provenance de pays à monnaie plus faible, comme par exemple la Chine.

 

Pour parachever l'affaire, les transferts de capitaux dans la zone franc CFA doivent rester totalement libres et gratuits, ce qui facilite bien le business aux entreprises étrangères ! Décidément, ça ne vous rappelle rien ?

 

La cohérence et la justesse voudraient que nous Français cessions d'entretenir dans d'autres pays, l'absence de souveraineté monétaire dont nous pâtissons nous-mêmes. Nous avons tout à gagner à « jouer le jeu » du développement économique de l'Afrique francophone2, et la fin du franc CFA en fait partie. Espérons donc que ces mobilisations fassent florès...

 

 

 

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Jp 09/01/2017 15:36

Petite erreur de frappe, il semblerait que les mots écrits entre guillemets soient effacés. Je voulais dire : Emprunter sur les marchés à taux relativement faible. *

Jp 09/01/2017 11:13

Excellente brève sur le franc CFA, il semblerait que les pays ouest africains subissent le même asservissement que nous avec l'euro.
Une question me vient à l'esprit, ne serais-ce pas ce système de dépendence qui permettrait à l'état français d'emprunter sur les marchés à > ?
Puis, telle une poupée russe... ne serais-ce pas le maintien des pays européens dans l'euro qui participerait à la stabilité du dollars américain et son surendettement ?