Equateur : quand les minerais minent la cohésion nationale

Publié le par Mehdi Ezzahi

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Le gouvernement équatorien a adopté l'état d'urgence dans la province amazonienne Morona-Santiago au Sud-est du pays, après la mort d'un policier le 14 décembre lors de l'attaque du camp minier San Carlos par des membres de l'ethnie Shuar. Selon un rapport des autorités équatoriennes, quatre-vingt personnes auraient attaqué à l'aide d'explosifs l'installation gardée par sept policiers, où l'entreprise chinoise EXSA extrait notamment du cuivre. Des camps miniers d'EXSA avaient déjà été occupés en novembre dernier par des indigènes Shuar, pour protester contre la spoliation de leur territoire1. Depuis lors, la bataille médiatique entre gouvernement équatorien et représentants des ethnies indigènes fait rage.

 

le président équatorien : « Un appel à tous les Équatoriens a nous unir pour rejeter unanimement la barbarie. Mon soutien à la famille du frère policier »

 

 

La Confédération des Nationalités Indigènes de l'Equateur  : « Qu'on cesse d'inculper le peuple Shuar, la violence prend racine dans l’État qui impose l'extraction minière, militarise, criminalise et poursuit le peuple. »

 

Depuis des années le gouvernement de Rafael Correa tente de ménager la chèvre et la chou : en permettant l'extraction du pétrole et des minerais de la région amazonienne, par des sociétés étrangères et en particulier chinoises, tout en assurant des programmes sociaux et le développement d'un tourisme soutenable grâce à la rente tirée des matières premières2...

 

Seulement, dans l'Amazonie équatorienne comme ailleurs, l'Homme ne vit pas que de pain, et vit surtout très mal la spoliation de ses terres par des entreprises étrangères et leur pollution par les agents chimiques hélas nécessaires à l'extraction minière. Si on ajoute à cela que l'entreprise incriminée est chinoise et se fiche comme d'une guigne de la santé des populations et du biotope locaux, on comprend soudain mieux la colère de l'ethnie Shuar...

 

 

Une centaine de Shuars mettent en fuite la police de la ville de Macas lors d'une émeute le 19 août 2015.

 

 

Le prochain président équatorien, qui sera élu en février prochain, saura t-il trouver une articulation harmonieuse entre les intérêts précités ? Espérons-le pour ce pays injustement méconnu et en particulier cette sublime province amazonienne.

 

 

 

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