République Tchèque : la guerre cognitive en marche

Publié le par Mehdi Ezzahi

République Tchèque : la guerre cognitive en marche

 

 Commençons par souhaiter une joyeuse fête nationale1 à nos amis Tchèques, qui célèbrent aujourd'hui la proclamation de la « Première République » tchécoslovaque en 1918, consécutive à la chute de l'Empire Austro-hongrois.

 

Pendant que ses citoyens font la chouille, Prague n'est pas en reste dans la guerre médiatique féroce que se livrent Occidentaux et Russes, chose compréhensible pour ce pays d'Europe centrale dont la devise nationale est « la vérité vainc » (Pravda vítězí) ! Le gouvernement tchèque a l'intention de lutter contre l'emprise des médias russes ou russophiles sur sa population. Le ministre de l'Intérieur Milan Chovanec, qui estime qu'un Tchèque sur quatre « visite les sites internet exposant le point de vue de Moscou », va ainsi mettre en place dans ses services une unité de 20 personnes chargées de contrer la propagande russe.

 

La guerre médiatique ou informationnelle est une composante majeure des rapports de force interétatiques. Aussi, il est tout à fait normal et légitime qu'un État digne de ce nom se prémunisse contre l'influence de puissances étrangères - dont la Russie de Poutine - au sein de sa population. Mais encore faudrait-il qu'il applique ce principe sans discrimination... Quid des propagandes de l'UE et des États-Unis, au moins aussi fortes, en République Tchèque ? Ne parlons même pas du soft power véhiculé par les industries culturelles US, ô combien triomphantes dans cette région du monde.

 

Bref, à l'heure où en France la russophobie bat son plein et conduit certains journalistes à voir des agents de Moscou un peu partout, on ose espérer que cette initiative tchèque n'est que l'expression d'une stratégie de souveraineté bien comprise, sans aucun parrainage des oncles Obama et Juncker...
 

Dobrý den, dobří lidé ! 

 

 

Conférence de Christian Harbulot, président de l'École de Guerre Économique, sur le concept de guerre informationnelle

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