Syrie: une bavure qui tombe à pic

Publié le par Mehdi Ezzahi

Afficher l'image d'origine

 

 

Après quelques frictions momentanées, l’État major US et Daesh ont semble-t-il recollé les morceaux. Les résultats de ce rabibochage n'ont pas tardé: le 17 septembre, une belle « bavure » de la coalition chapeautée par les États-Unis a coûté la vie à plus de 60 soldats de l'Armée Arabe Syrienne aux abords de la ville de Deir ez-Zor, à l'est de la Syrie. Top score ! Bavure bien opportune puisqu'elle a facilité une offensive en cours de Daesh dans cette zone. Il va sans dire que la totalité des grands médias français ont colporté la thèse de l'erreur de cible américaine...

 

Deir ez-Zor est une enclave1 défendue par l'Armée syrienne au beau milieu du territoire contrôlé par Daesh dans le désert syro-irakien. Les soldats syriens victimes de la « bavure » tenaient le mont Thourda surplombant stratégiquement l'aéroport au sud de la ville. Ils ont été copieusement bombardé pendant plus d'une heure par l'aviation américaine, secondée dans sa basse besogne par des appareils australiens, britanniques et danois... On avait rarement vu une bavure aussi coordonnée ! Il aura fallu toute l'insistance des Russes pour que les troupes syriennes ne soient plus prises pour cible. Dès le lendemain, l'aviation russe a appuyé la contre-offensive syrienne2 qui a permis de reprendre le mont Thourda à Daesh.

 

Ce n'est pas la première fois que des erreurs de la coalition jouent en faveur de Daesh ou de leurs amis du front Fatah al Cham (anciennement front an-Nousra) mais un cap a été franchi. Alors que l'issue des élections présidentielles US est plus que jamais incertaine3, il semble que les Faucons américains aient décidé de faire pourrir ce conflit de toutes les façons possibles, mais gare aux apprentis sorciers...

 

 

l'analyse du politologue franco-syrien Bassam Tahhan

Commenter cet article