La génération Y ou la fin de l'insouciance

Publié le par Le chaudronnier

Nous y sommes, nous franchissons le cap des trente ans, voire même bientôt des quarante pour nos aînés...

Où en sont nos rêves, nos aspirations, nos idéaux? Ont-ils résisté à la crise, aux changements de la société?
Comment voyons nous l'avenir et notre passé? Toutes ces questions nous nous les sommes posées depuis notre adolescence.

Génération de la crise, du chômage, et du sida, on nous a élevé dans l'ombre de ces temps orageux. Mais qui dit orage dit électricité, voire énergie, et de ça nous n'en avons pas manqué. Déchirés entre deux mondes, nous sommes nés avant ou juste après l'écroulement des grands blocs idéologiques, et nous avons connu l'émergence d'internet et des nouveaux médias, le retour de la religion et du terrorisme. Notre éducation aussi a servi de laboratoire aux générations suivantes.
Nous sommes les cobayes de ce siècle, tiraillés entre le progrès et l'envie furieuse de trouver sa place dans un monde devenu trop petit.
Nos éducations ne correspondaient pas à l'air du temps, où l'on ne s'empêche rien au nom des libertés individuelles et du succès économique.

Nos valeurs sont devenus des poids, des freins à notre progression dans la société. Nous avons troqué notre identité pour des ombres, on nous a encouragé à devenir des nomades destinés à suivre la grande marche civilisatrice de ce monde.
Vous devez partir, voir le monde, faire des expériences, il n'y a rien pour vous ici. Voilà le credo qu'on nous a destiné.
Seulement voilà, le voyage ne forge pas toujours la jeunesse, il peut aussi la mettre à mal.
Nous ne sommes pas tous prêt à voir la réalité de ce monde, au risque de se choquer profondément et de créer un inversement des valeurs. Le monde n'est pas un espace de quiétude.
Il est plein de bruits et de fureurs, de larmes et de sangs, d'argent et d'esclaves. Pour en voir la beauté il faut avoir vécu. Pour avoir quelque chose à donner.
Un échange équivalent en quelque sorte. Si nous ne sommes pas prêts psychiquement et moralement à partir, l'expérience devient douleur, pour se muer en fuite. Et l'on tue définitivement la magie de la découverte.

Ainsi nous avons détruit le courage et encouragé l'égoïsme, l'absence de scrupule et de prise de responsabilité. Comment respecter l'autre quand il n'est qu'une donnée, qu'un paramètre utile ou inutile, quand on peut lui jeter à la figure les pires abominations sous couvert de l'anonymat et/ou abrité derrière son écran?

De la même manière, nous avons perdu le goût d'aimer. Pris entre les feux d'un accès illimité à la sexualité factice de la pornographie et d'un féminisme outrancier s'attachant les pires côtés du machisme, nous nous sommes perdus, confondant désir et amour, liberté et responsabilité. Les réseaux sociaux, les applications mobiles ont fini de déshumaniser le contact humain, nous manipulons d'autant plus facilement qu'on a rien à perdre, rien à justifier.
Et aujourd'hui nous ressentons le vide profond d'une existence sans consistance. Le mal est là.

Le constat est terrible mais l'espoir demeure, j'y crois et je ne suis pas le seul. Accepter nos erreurs et nos excès, c'est le premier pas. Nous devons faire ce travail sur nous-même, stopper ce cercle vicieux. Nous ne sommes pas en déclin, nous sommes jeunes, conscients, et travailleurs. Nous avons la mémoire de nos parents qui se sont battus pour nous donner une existence meilleure que la leur.

Nous ne devons pas tourner le dos à ce que nous représentons, aux espoirs qu'on a portés en nous. Nos écueils doivent servir d'exemple aux prochaines générations pour qu'ils soient meilleurs que nous. Car c'est ainsi que ça fonctionne, bien loin des Yolo et des Carpe Diem, notre rôle est de faciliter la tâche aux suivants en les éduquant au mieux. A quoi cela sert de jouir de tous les plaisirs si on n'a personne avec qui les partager. Nous finirons par vieillir, et l'âge nous retirera peu à peu
tous les délices pour lesquels on aura sacrifié nos vies.


Croyons-nous sincèrement qu'on nous pardonnera nos folies quand nous ne servirons plus à personne? Après moi le déluge.

La génération Y ou la fin de l'insouciance

Publié dans D'ici et d'ailleurs

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