Crépuscule au pays du soleil levant

Publié le par le chaudronnier

Il y a certaines cultures qui exercent sur nous une attraction particulièrement vive. C'est le cas du Japon.
Nous avons grandi avec une fascination croissante pour les merveilles de l'archipel. Cette société intrigue, en constant équilibre entre la folie et la discipline la plus aveugle, entre tradition et modernité.

L'exotisme au Japon prend une autre forme qu'ailleurs. L'héritière Coppola a traduit efficacement
cette sensation qui nous frappe tous quand on débarque sur le sol nippon. Lost in translation. On se perd au Japon et c'est certainement l'une des plus belles sensations qui soit donnée au voyageur.

Il y a quelque chose de magique, d'iréel dans ce pays, et pourtant il se meurt. La population japonaise vieillit à un rythme effrayant. Avec un tiers de seniors, des suicides massifs chez les jeunes, des jeunes adultes de moins en moins tournés vers la conception, et une immigration quasi nulle, le mélange est explosif.

Les héros des mangas ne peuvent rien pour cette société malade et sous-pression. Et pourtant ça ne sera pas la première fois que ce pays se relèvera de ses cendres. Notre attrait n'est pas anodin. Les japonais ont bu leur calice jusqu'à la lie mais ils sont toujours là avec une énergie exubérante qui dénote en Extrême-Orient.
Qui peut se targuer d'être encore debout après le triple cataclysme de Fukushima auréolé des spectres nucléaires du passé? Quelle autre culture a su conquérir le monde par le dessin, la cuisine, son mode de vie et son propre folklore?

Finalement il n'est pas étonnant que nous, français, nous nous sentions proche d'eux. Les japonais sont des alter-egos de la démesure, ils osent ce que nous nous interdisons et s'interdisent ce que nous prenons pour acquis. A une époque où tout devient fade chez nous, on cherche l'énergie ailleurs.

Alors oui nous avons besoin de ce fantasme, aujourd'hui plus encore.
Gambatte Nihon.

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